Quel avenir pour le livre numérique (ebook) en France ?

livre-ancien-papierLorsque je discute d’ebook, de liseuse ou – plus généralement – de livres autour de moi, nombreux sont encore sceptiques sur l’avenir de la lecture numérique. Pourtant ma conclusion est sans appel : le livre numérique et l’ebook ont un avenir tout tracé en France et dans le monde.

Pourquoi un tel scepticisme ?

Beaucoup de personne restent encore sceptiques pour de nombreuses raisons. La plus forte est une incompréhension des nouveaux modes de lectures numériques.

Pour nombre de lecteur, il semble impossible de « trimbaler » une machine à lire des livres avec soi en permanence. Pourtant, ces lecteurs ont tous un téléphone avec eux. Le plus souvent il s’agit d’ailleurs d’un smartphone, ironie du sort, capable de lire des ebooks. Certains réfractaires à la lecture numérique sont donc déjà équipés avec un appareil capable de leur offrir de la lecture à tout moment.

Il y a les technophiles qui refusent de lire sur un écran de smartphone ou de tablette car ce type d’écran fatigue les yeux. Ceux-ci seront content d’apprendre que les liseuses coûtent de moins en moins cher (à moins de 60 euros on a quelque chose de fonctionnel et de fiable). Ils seront aussi content de savoir que des smartphones spécialisés commencent à apparaître. Ceux-ci (à lire ici) permettent de lire sur smartphone dans les même conditions que sur liseuse (si on accepte un écran plus petit).

Il y a aussi les lecteurs très attachés au papier, qui ont une grande collection de livre et qui refuse de l’abandonner. Qu’ils se rassurent, personne ne leur demande d’abandonner leurs livres papiers !

Ils peuvent très bien continuer à lire sur papier en parallèle de la lecture sur ebook (pour les romans de gare par exemple :).

Il y a aussi le coût. Pour beaucoup, le fait d’acheter une liseuse revient forcément plus cher au final que d’acheter des livres imprimés. Je redirige ceux-ci systématiquement vers cette étude que j’ai réalisée : lire des ebooks fait faire des économies.

Oui, lire des ebooks fait réaliser des économies aux gros lecteurs. Ce n’est plus à démontrer maintenant, mais il est nécessaire de le rappeler. Par contre, psychologiquement, le prix du libre numérique est encore trop important. C’est incontestable que bon nombre de lecteur ont du mal à y trouver un intérêt financier si le livre au format ebook est presque au même prix que le livre papier.

Comme vous le voyez, beaucoup d’objection au livre numérique peuvent être simplement levées. Mais il reste une dernière objection que j’entends parfois qui est « l’ebook ne prend pas » ou « personne ne lit des ebooks à part les geeks« . Là aussi c’est une affirmation loin d’être exacte !

Les ebooks sont un succès en France

Il est difficile d’avoir des chiffres sur les ventes d’ebooks régulièrement mais force est de constater que Gfk fait bien les choses.

Ainsi, ils viennent de publier les chiffres du marché du livre pour l’année 2013. Si le marché est en léger recul (-2,8% de livres vendus pour un chiffre d’affaires de 3,9 Milliards d’euros -2,7%), le livre représente toujours en valeur la moitié du secteur des biens culturels en France.

Le secteur du livre est donc une des plus grosses industrie culturelle française.

Mais, forcément, avec les informations concernant les fermetures de libraires et l’essor de géants Internet comme Amazon, on a tendance à perdre du vue ce fait : les gens achètent des livres en grande quantité. Avec 356 millions de livres vendus en France en 2013, on peut dire que les français lisent beaucoup !

Et les ebooks dans tout cela ? Et bien, il y a eu 5 millions d’ebooks vendus en France en 2013. Si ce chiffre semble ridicule, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un nouveau media. De plus, lorsqu’on le compare aux ventes des années précédentes, on s’aperçoit que le nombre d’ebook vendus a doublé en un an !

Les gens adoptent l’ebook assez lentement en France, mais ils l’adoptent et c’est le plus important.

La lecture numérique a bien de l’avenir en France !

Avec de telles informations, difficile de nier que l’ebook à de l’avenir. Certes, il y a encore une prise de conscience qui n’a pas eu lieu chez tous les lecteurs. De même, l’adoption du livre numérique est lente en France si on la compare aux pays anglo-saxons.

Mais, l’ebook à de l’avenir cela ne fait aucun doute. Avec un chiffre d’affaire liés aux ebooks qui a doublé en un an, de plus en plus d’éditeurs ont maintenant conscience qu’il faudra compter avec les ebooks.

Personnellement, cela fait des mois que je n’ai pas acheté de livre papier. Si le livre n’est pas disponible en ebook et bien j’attends, tout simplement.

Photo CC By 2.0 zigazou76

8 réflexions au sujet de « Quel avenir pour le livre numérique (ebook) en France ? »

  1. Le , Pif a dit :

    Merci bien pour cet article de fond. Pourriez-vous cependant précisez : « un chiffre d’affaire liés aux ebooks qui a doublé en un an ». Quel est le montant ? Et du coup quel pourcentage par rapport à l’édition globale du livre ? Je me pose la question car sur Amazon les livres les plus lus en ebook sont très souvent des auto-publiés à 2-3 €.

    • Le , Nicolas a dit :

      Le chiffre d’affaire lié aux ventes d’ebook en France est estimé à 44 millions d’euros (contre environ 22 en 2012).

      Le pourcentage du CA des ebooks par rapport aux marché global est donc assez faible (de l’ordre de 1,1% et des poussières). Il faut tout de même noter que certains livres ne sont pas en ebook (les beaux livres) et que ces sous-marchés représentent pas mal en valeur.

      L’étude de Gfk est dispo ici si vous voulez en savoir plus : http://www.gfk.com/fr/news-and-events/press-room/press-releases/pages/le-march%C3%A9-du-livre-pr%C3%A9pare-sa-mutation.aspx

      • Le , Pif a dit :

        Ce retard Français et cette quasi non-croissance (+3% de lecteurs numériques en une année), c’est pas vraiment l’explosion prophétisée. Vous savez où ils en sont aux US, Angleterre et Allemagne ?

        • Le , Nicolas a dit :

          Aux US je crois que c’est quasi 30% des livres qui sont achetés sous la forme d’ebooks.

          Aux UK c’est 25% des livres achetés qui sont des ebooks.

          En Allemagne, je n’ai pas les chiffres.

          Force est de constater que la France est à la traine par rapport à ces pays. Mais d’autres pays d’Europe sont aussi en retard. Comme souvent, cela va se débloquer dans les années à venir avec une possible explosion de l’ebook en France.
          Mais il faut admettre que les régulations sur le marché du livre freine beaucoup la progression des ebooks dans ce pays. Ceci dit, ces régulation permettent aussi de protéger les acteurs du livre…

          • Le , Pif a dit :

            Merci !

  2. Le , Lydie a dit :

    Bonjour,

    Pour moi, le prix de la liseuse. Ensuite, le prix des livres. Mais le premier truc qui m’arrête, c’est choisir la liseuse, choisir un constructeur. Ça implique un fonctionnement, une politique d’éditeurs, des catalogues auxquels on aura accès et d’autres pas. Je cherche à me renseigner là-dessus, je ne trouve pas de texte qui fasse le tour. Par exemple, je voudrais une liseuse qui ne soit pas trop associée à un fournisseur, du coup, ni kindle, ni kobo.

    • Le , Nicolas a dit :

      Bonjour Lydie et merci pour votre commentaire.
      Vous avez raison, le choix est difficile. En effet, il devient compliquer de trouver une liseuse qui n’est pas associée à un catalogue (comme Kindle ou Kobo).
      Mais si vous avez une liseuse qui accepte les fichiers EPUB, vous pouvez acheter ces fichiers sur d’autres sites et les envoyer vers votre liseuse.
      De plus, l’utilisation d’un logiciel comme Calibre vous permet de convertir facilement les formats de fichiers (même si au début cela semble compliqué).
      Peut-être qu’une liseuse comme celles fabriquées par PocketBook serait adaptée à vos besoins ? http://www.liseuses.net/?s=pocketbook

      A bientôt.

  3. Le , Traroth a dit :

    Un des problèmes de fond en France est que les ebooks sont vendus pourris de DRM limitant fortement leur utilisation. Tous les ebooks Hachette sont ainsi contaminés par Adobe Digital Editions, qui oblige à racheter l’ebook une fois transféré sur 7 appareils (smartphones, tablettes ou liseuses). Il faut aussi créer un compte Adobe et ça a bien d’autres contraintes. Et qu’on ne me parle pas de piratage : ADE est une vraie passoire qu’on peut pirater en quelques minutes. Ce sont bien les clients honnêtes qui sont visés !

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