Ventes d’ebooks en baisse : une nouvelle mascarade ?

femme pas contente de lireCela fait quelques temps qu’on lit que les ventes d’ebooks sont en baisse, en particulier aux USA et dans les pays anglo-saxons. Mais, un nouvel article vient changer les choses. En réalité, les ventes d’ebooks augmentent.

C’est un article en anglais qui vient d’apporter des éléments tangibles pour soutenir cette thèse controversée : non seulement les ventes d’ebooks n’ont pas baissé, mais elles pourraient être beaucoup plus importantes que prévu.

Les chiffres partiels de l’AAP et du UK Publishers’ Association

Tout commence par l’analyse des chiffres communiqués par l’AAP (association des éditeurs américains) et de UK Publishers’ Association (idem pour le Royaume-Uni).

Les chiffres ne sont pas très bon pour les ventes de livres numériques puisque la UK Publishers’ Association annonce une baisse de 17% des ventes d’ebooks.

Au même moment, c’est à dire au premier trimestre 2017, une hausse des livres papiers de 8% est enregistrée.

Cette hausse des ventes de livres papiers est incontestable. En effet, on peut estimer que les chiffres ont fiables car les grands éditeurs sont ceux qui éditent le plus de livres papiers.

Cependant, les chiffres du numérique sont de plus en plus contesté. En effet, ils ne tiennent pas compte de tous les éditeurs indépendants et – donc – de toute l’économie du livre auto-édité d’Amazon – pour ne citer qu’eux.

Les médias traditionnels et généralistes ont tendance à publier ce genre de chiffres, sans pour autant avoir les connaissances nécessaires pour bien les comprendre.

Les conclusions qui sont tirées peuvent être alors très trompeuses.

Une analyse des résultats potentiellement fausse

Une analyse simpliste repose sur la chose suivante :

  1. les ventes de livres papiers augmentent
  2. les ventes de livres numériques baissent
  3. donc, les lecteurs en ont marre des livres numériques et reviennent au papier

C’est sans doute une analyse vraie pour un certain nombre de personne. Cependant, je n’observe pas cela autour de moi. Je suis toujours surpris par le nombre de lecteurs qui commencent à lire des livres numériques (surtout sur tablette et smartphone, il faut bien dire).

Ce schéma de pensée qui cherche à montrer que les livres numériques sont délaissés m’a toujours laissé de marbre (lire ici mon article sur ce sujet).

Il ne semble pas refléter les observations du quotidien des lecteurs et des lectrices.

Les faits

une liseuse KindleJe pense qu’il fait rappeler deux dates importantes pour la lecture numérique.

Tout d’abord, il y a l’introduction de la liseuse Kindle par Amazon en 2007. Bien que n’étant pas la première liseuse, c’est celle qui a été le mieux acceptée par le grand public.

Ensuite, il y a l’année 2011. Cette année, oubliée depuis, Amazon a annoncé qu’ils avaient vendus plus d’ebooks que de livres papiers !

Car, Amazon vend non seulement des versions numériques de livres papiers, mais aussi des livres qui sortent uniquement en numérique (et qui n’ont pas forcément des numéro ISBN associés).

Ces ventes sont donc pratiquement impossibles à traquer par les différentes études puisque Amazon ne communique pas sur les volumes de ventes.

Un marché du livre porté par le coloriage

coloriage pour adulteLe plus intéressant c’est peut être l’analyse de l’explosion des ventes de livres papiers.

Ces dernières années, un tout nouveau type de livre est apparu en librairie : les livres de coloriages pour adultes.

Même si les ventes de ce type de livre a tendance à redescendre, ce nouveau marché ne convient pas au numérique (impossible de proposer un livre de coloriage numérique pour Kindle). Pourtant, il a été très populaire aux USA : on est passé à 1 millions d’exemplaires vendus à plus de 12 millions entre 2014 et 2015.

Ces livres de coloriages ont porté la croissance de l’édition de livres papiers. Rien qu’en Australie, dans le top 20 des livres papiers les plus vendus en 2015, il y avait 8 livres de coloriages

Les revenus des auteurs : une source plus fiable

auteur écrivain writer Alors comment bien mesurer les ventes de livres papiers et numériques ? Peut-être en analysant les revenus des auteurs plutôt que les chiffres de ventes.

L’idée étant de se baser sur ce que les créateurs de livres gagnent pour déterminer le succès – ou non – d’un support. C’est ce que propose le site Author Earnings.

Leurs estimations sont étonnantes puisqu’ils indiquent que Amazon aurait vendu environ 260 millions de livres numériques publiés par des indépendant (c’est à dire non comptabilisés dans les statistiques officielles) durant l’année 2016. Cela représente des ventes à 850 millions de dollars !

Encore plus étonnant : entre 2015 et 2016, alors que les chiffres des associations d’éditeurs annonçaient une forte baisse du nombre d’ebooks vendus, les auteurs gagnaient environ 4% de plus des ventes numériques.

Conclusion : les chiffres nous mentent

La conclusion est moins évidente qu’il n’y paraît. Car, si globalement, les ebooks se vendent de plus en plus, il devient difficile d’interpréter correctement les chiffres des éditeurs.

De part le mélange des genres et des marchés dans les chiffres de ventes de livres papiers (on a vu l’exemple du coloriage), on ne peut réellement comparer les ventes numériques avec les ventes traditionnelles.

Mais, une chose est certaine : il ne faut pas enterrer trop vite les livres numériques !

2 réflexions au sujet de « Ventes d’ebooks en baisse : une nouvelle mascarade ? »

  1. Le , Ume a dit :

    Bonjour,
    Je trouve votre article très intéressant surtout que j’ai vraiment l’impression de voir de plus en plus de personnes avec des liseuses (je prends les transports en commun parisiens)

    J’en ai déjà offert 3 moi-même, dont 2 l’an dernier.

    Et les gens dans mon entourage découvre des auteurs indépendants et m’avouent acheter plus de romans auto-édité, alors qu’ils n’auraient pas acheté facilement un roman papier auto-édité.

    Je pense que faire savoir que le numérique ne se vend pas bien est une tactique un peu bizarre des grands éditeurs. Ils perdent peut-être beaucoup de lecteur mais je suis sûre que ces mêmes lecteurs vont voir vers l’auto-édition qui propose une vaste choix, des prix attractifs…

    Personnellement, j’achète beaucoup de romans auto-édité. Et plus du tout des grands éditeurs.
    Sinon j’achète souvent chez Bragelonne, Milady qui propose toujours de superbes offres à des prix très très intéressant.

  2. Le , Pekinight a dit :

    Ce qui me gène pour acheter du digital c’est les DRM. En plus vu le prix de certains ebooks par rapport au livre de poche, je préfère largement prendre un format papier comme ça je peux le donner ou l’échanger après l’avoir lu.

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