Quand les tablettes voulaient avoir la peau des liseuses

guerre-tablette-liseuseIl y a presque 2 ans, on donnait les liseuses mortes et enterrées. Mais, aujourd’hui, force est de constater que les analystes s’étaient lourdement trompés : les liseuses sont toujours présentes et même en grande forme !

Retour fin 2012

Si on se replonge fin 2012, on peut retrouver des articles publiés ici même qui étaient assez inquiétants :

Bref, comme vous pouvez le constater, les analystes y sont tous allés de leur petit papier pour écrire que les tablettes allaient rapidement remplacer les liseuses.

Pourquoi vouloir la peau des liseuses ?

Il faut se rappeler qu’en 2012, le secteur des tablettes était en pleine croissance. Il n’est pas étonnant de penser que cette croissance allait se poursuivre.

croissance-tablette-2012Certaines études audacieuses allaient même jusqu’à annoncer la fin des ordinateurs portables !

Pour vous donner une idée des chiffres, en 2011 et 2012, les ventes de tablettes doublaient chaque années. Logiquement, tout le monde est venu à penser que cela devait se poursuivre.

Or, pour les gens planqués dans des bureaux, les liseuses sont des appareils équivalents aux tablettes mais qui font moins de chose. Leur raisonnement est donc simple : pourquoi acheter une liseuse alors qu’une tablette fait plus de choses ?

Voilà tout simplement le raisonnement qui a mené à ces différentes études.

Les tablettes et les liseuses en 2014  ?

En 2014, les analystes font un peu la grimace car les ventes de tablettes sont inférieures aux prévisions.

Heureusement, elles sont toujours en croissance (d’environ 5 à 10%) mais les perspectives ne sont pas forcément très bonnes pour les années qui vont suivre. (source : les Echos )

Mais, surtout, les liseuses n’ont pas disparues et le marché est toujours dynamique. Certes, nous manquons de chiffres pour étayer cela.

Cependant, nous pouvons observer la façon dont les fabricants de liseuse mettent au point leur nouveaux modèles (à voir les différents modèles de liseuses dans le guide d’achat).

Il y a une maturité chez la plupart des constructeurs qui recentrent leur gamme sur 3 ou 4 modèles différents (c’est le cas pour Kobo, Amazon et sans doute Bookeen). D’autres, comme PocketBook choisissent la carte de l’originalité avec des modèles intégrant une caméra ou une très grand diagonale.

Je trouve le marché de la liseuse très dynamique.

De plus, et c’est un signe intéressant : il y a une réelle montée en gamme des produits. Il n’est plus rare de trouver des liseuses à plus de 150€ voir presque 200€ pour les Kobo Aura H2O ou la Kindle Voyage aux Etats-Unis.

Dans le même ordre, cela n’empêche pas les modèles de base d’être disponibles à moins de 60€ (Kindle Tactile par exemple qui est sortie il y a peu de temps).

Tout ceci me semble encore aller dans le bon sens : cela permet de rendre accessible les liseuses à celles et ceux qui veulent essayer et de permettre aux convaincus de monter en gamme.

Pourquoi les analystes se trompent à ce point ?

En 2012 et 2013, tout le monde à eu très peur : nos chères liseuses étaient sur le point de s’éteindre. Mais finalement non, les études s’étaient trompées et les analystes ont eu tord.

Mais comment ce fait-il qu’on puisse se tromper à ce point ?

Tout simplement car la plupart des prévisions sont fausses – en règle générale.

Ainsi, Nate Silver (statisticien et auteur) explique dans son livre « The Signal and the Noise » que la plupart des analystes qu’on cite dans la presse sont cités pour leur positions sans équivoque.

signal-noise-nate-silverEt cela simplement parce que quelqu’un sur de lui fait plus vendre de papier que quelqu’un qui sera plus timoré dans ses « prédictions » (mais aussi plus juste).

En étudiant les prédictions économiques et politiques diffusées dans les émissions de TV américaine, il s’est aperçu que toutes les prévisions des analystes étaient fausses dans 50% des cas. On a donc autant de chance de tomber juste en jouant à pile ou face.

Il faut donc toujours se méfier en lisant une prévision d’un analyste.

Pourquoi je suis toujours optimiste pour les liseuses ?

En mai 2013, j’étais optimiste pour les liseuses et je le suis toujours.

Tout d’abord, je ne pense pas que l’intérêt autour des liseuses faiblisse – au contraire. Des opérations commerciales comme la Nolim chez Carrefour ont permis au plus grand nombre de découvrir cette univers de la lecture numérique. Même si la qualité du produit est au final discutable je pense que cette mise en avant des liseuses est intéressante.

Mais surtout, je connais pas mal de gens qui possèdent une tablette et qui souhaitent acquérir une liseuse.

En effet, nombre de lecteurs sur tablettes se sont aperçus des limitations de ce produit en matière de lecture. La tablette fatigue, fait mal aux yeux et à une autonomie déplorable !

Tous ces points font que beaucoup de monde commence à réaliser que lire sur une tablette n’est pas vraiment une bonne chose : il faut un appareil dédié à la lecture numérique.

Je pense donc que la liseuse a encore un bel avenir devant elle : il reste beaucoup de lecteurs à conquérir !

Mais il n’est pas question d’imaginer que la liseuse va tuer la tablette (et inversement). Il s’agit simplement de deux appareils différents qui répondent à un besoin différent.

Le seule avantage que je trouve au ralentissement de la croissance des ventes de tablettes c’est que leur couverture presse sera peut-être moindre. J’espère donc que les journalistes accorderont maintenant un peu plus d’importance aux liseuses à l’avenir.

Donc, oui je suis optimiste pour les liseuses. Je pense qu’elles ont encore de belles années à vivre le temps de leur trouver un remplaçant efficace pour la lecture numérique.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

6 réflexions au sujet de « Quand les tablettes voulaient avoir la peau des liseuses »

  1. Le , neige2407 a dit :

    tout à fait d’accord avec cet article. Je me suis, d’ailleurs, toujours demandé pourquoi un tel engouement pour les tablettes.. qui pour moi ne sont que de grands smartphones sur lesquelles on ne peut pas téléphoner et qui n’ont pas les capacités d’un ordinateur portable.
    Les liseuses ne sont peut être pas multi-taches (pour l’instant) mais elles sont de plus en plus perfectionnées et optimisées pour se qu’on leur demande de faire : lire

    • Le , Nicolas a dit :

      Merci pour ce commentaire.

      C’est vrai que les liseuses répondent à un besoin auquel les tablettes n’arrivent pas à répondre !

  2. Le , arquin a dit :

    Merci Nicolas pour cet article très intéressant, optimiste, et surtout très réaliste; je pense en effet comme toi que les liseuses ont un très bel avenir devant elles et le marché se développera encore plus et plus vite si les éditeurs et les auteurs font un effort sur les tarifs encore trop prohibitifs à mon goût et c’est le critère majeur qui freine, à mon avis, leur développement. Mais cela va venir!!! Bonne journée

  3. Le , Reed a dit :

    Je pense aussi que le marché des liseuses, d’un point de vue commercial, commence a etre mature.
    Les différences ont été pointées entre tablettes et liseuses, mais le grand public méconnait encore la différence de confort de lecture entre ces deux supports.
    J’ai encore entendu récemment une personne lisant sur une tablette me dire que la lecture etait possible, mais que ça lui fatiguait la vue.
    Lorsque je lui ai montré ma liseuse, elle m’a dit que c’était pareil et qu’elle ne voyait pas la necessité d’avoir un appareil spécialisé. Il a fallu que je sorte mon ipad du sac pour lui « prouver » que le confort de lecture était radicalement différent entre les deux supports.

    Aujourd’hui je ne crois pas à la convergence de ces deux supports, à moins qu’une technologie d’affichage révolutionnaire vienne bouleverser la donne et permette une lecture saine sur tablette, et des affichages réactifs pour les applicaitons autres que celle de lecture.

    • Le , Nicolas a dit :

      Bonjour Reed,

      En effet, vous avez raison. En l’absence de nouvelle technologie d’écran capable de regrouper tablette et liseuse, je pense que les deux produits continueront de coexister.

      Il y a eu quelques tentatives avec l’E Ink couleur ou les écrans Mirasol, mais pour le moment cela semble encore trop compliqué (techniquement) de créer des écrans de tablette aussi confortable que ceux des liseuses :-(

  4. Le , JJD a dit :

    Bonjour,
    Je suis de ceux qui sont pour le livre numérique et bien évidement les liseuses. Je me suis toujours demandé pourquoi, n’y a t-il pas un « opérateur » de livre qui offrirai ses liseuses gratuitement avec un abonnement chez lui. Comme le fond les opérateurs téléphoniques ou les téléphone sont gratuit. Je me souviens que mon premier cellulaire je l’ai eu gratuitement chez MacDo (je ne me souviens plus de la promotion)
    Enfin, c’est une idée. Non ?

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