La liseuse a-t-elle encore un avenir ?

La fin des liseusesDepuis quelques temps, on a l’impression que les liseuses n’intéressent plus personne. On peut donc se demander s’il y a encore un avenir pour ces lecteurs de livres numériques ?

De moins en moins de ventes

Si on regarde les chiffres, on ne peut que penser que le marché de la liseuse diminue.

En effet, on estime à 30 millions les ventes de liseuses dans le monde en 2011 alors que pour l’année 2016, le marché était estimé à un chiffre inférieur à 15 millions de liseuses vendues.

Est-ce pour autant la fin de la liseuse ?

acheter liseuse tolinoSi tout ceci a un air de déjà vu, c’est bien normal car on nous refait le coup chaque année. L’année 2017 a été marquée par les 10 ans de la première Kindle et les éditorialistes s’en sont donnés à cœur joie pour descendre les liseuses.

Pourtant, la liseuse reste un appareil remarquable qui plait considérablement aux gros lecteurs. Elle possède en effet deux gros avantages :

  • son écran ne fait pas mal aux yeux (d’autant plus avec les éclairages qui prennent en charge le filtre de la lumière bleue)
  • l’autonomie est géniale (pour un appareil électronique) et on peut lire facilement un mois avec une seule charge de la batterie

Bien évidemment, si on compare la lecture sur une liseuse à la lecture papier, c’est totalement différent et cela n’a presque rien à voir.

Mais entasser des livres dans sa maison, cela va bien un temps mais ce n’est sûrement pas une solution durable.

Contrairement à ce qu’on peut penser, les liseuses évoluent. Et même si elles sont peut-être moins sexy qu’au début, elles ont su se mettre à jour : grands écrans, étanche, tactile, éclairage, filtre lumière bleue, synthèse vocale, etc.

Si on regarde le guide du site, on ne peut que constater qu’il y a du choix. Et, on peut même affirmer qu’on a jamais eu autant de choix qu’en 2018.

Alors, non, on est très loin de la fin des liseuses.

Les problèmes de la liseuse

enfant qui litNe nous voilons pas la face car tout n’est pas rose.

La liseuse a un gros défaut : l’objet n’est pas intéressant, en tout cas, il n’attire pas l’attention.

A ce niveau, je pense que le fait que la liseuse couleur n’ait pas su décoller y est pour beaucoup : le manque de couleur a cantonné l’objet aux romans et rendu la chose « barbante ».

Du coup, cela n’intéresse plus les médias alors que d’autres produits qui évoluent plus rapidement, comme les smartphones, font régulièrement la une.

De plus, les livres pour enfants avec leurs grandes illustrations en couleur, ne fonctionnent pas sur liseuse.

C’est donc un gros marché qui ne prend pas au format numérique et les parents continuent d’acheter des livres papier / carton pour leurs enfants (et c’est compréhensible).

Rien n’a été fait du côté des éditeurs

ebook et papierDu côté des professionnels du livre et en particulier des éditeurs, on ne peut pas dire que beaucoup d’efforts ont été faits.

Le livre dématérialisé est encore trop cher pour convaincre le gros des lecteurs qu’il y a un intérêt financier à investir dans une liseuse (j’ai fait l’étude dans cet article).

Donc, avec des ebooks encore trop chers pour le grand public, seuls les gros lecteurs qui lisent des dizaines de livres par mois ont sauté le pas.

Pourquoi les liseuses peuvent durer encore longtemps

On ne peut que se faire à l’idée que la liseuse ne percera pas.

Au même titre que des appareils électroniques spécialisés, la liseuse n’arrivera peut être jamais à toucher le grand public. C’est aussi lié à la nature du média : les gens ne sont pas si nombreux à avoir un appareil de lecture.

Par contre, la liseuse a toute sa place auprès des gens qui aiment la lecture.

En ce sens, je ne vois pas la liseuse mourir dans un futur proche (à moins que la convergence entre tablette et liseuse arrive plus tôt que prévu).

La lecture électronique restera un marché de niche, mais il y aura toujours besoin d’un appareil capable d’afficher des ebooks pour contenter les gros lecteurs, ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou ceux qui souhaitent acheter les livres un peu moins chers.

8 réflexions au sujet de « La liseuse a-t-elle encore un avenir ? »

  1. Le , Thomas a dit :

    On peut aussi expliquer la baisse des ventes par le fait qu’une liseuse a un cycle de vie beaucoup plus long que celui des smartphones et des tablettes donc les ventes se font sur la conquête de nouveaux lecteurs plus que sur un renouvellement de parc.

    • Le , Nicolas a dit :

      Je suis d’accord, j’ai des liseuses qui ont 5 ans et qui fonctionnent ! Elles manquent juste un peu d’autonomie, mais rien de catastrophique (rechargement tous les 15 jours maintenant). Donc on a pas nécessairement besoin de renouveler tous les 2 ans comme pour un smartphone.

    • Le , Frédéric a dit :

      Exact. Il faut ajouter que la qualité du matériel n’a été que croissant. J’ai « tué » 3 liseuses Kobo haut de gamme en deux an. Mais depuis deux ans, plus aucune de mes liseuses, pourtant très sollicitées, n’a eu de problème.

  2. Le , Alex a dit :

    Je pense également qu’on change rarement de liseuses, la mienne a 6 ans (une nook), et je commence juste à regarder si la concurrence n’a pas de meilleurs écrans.
    Mais pour moi le vrai point noir reste les drm: il est AMHA insupportable de ne pas savoir si l’ebook que j’achète aujourd’hui sera encore lisible lorsque je changerai de modèle…

  3. Le , Ragnethill a dit :

    J’aurais une théorie légèrement différente basée sur mon cas personnel:
    Je possède et utilise de manière intensive mon Kindle Touch depuis 2012.
    Complété de son étui en cuir avec lampe intégrée, il m’apporte déjà entière satisfaction depuis tout ce temps et je n’ai jamais eu à me plaindre d’une quelconque baisse d’autonomie ou de performances.
    Personnellement, la seule chose qui me ferait réfléchir à réinvestir serait que Bokeen (pour le « cocorico » et le format ouvert) sorte un modèle pas trop cher avec éclairage intégré avec filtre bleu, ou la sortie d’une liseuse format BD en couleur.
    Je pense simplement que les liseuses sont un produit déjà mature pour le média qu’il supporte : les livres n’évoluent pas contrairement aux applications, vidéos etc. De ce fait, les fabricants ne peuvent pas non plus pratiquer l’obsolescence programmée comme avec les autres produits Hitech, ce serait trop flagrant.

  4. Le , Frédéric a dit :

    Il y a, à mon avis, encore d’autres facteurs:

    D’abord, à part Amazon, personne chez les professionnels du livre ne met en avant les ebooks et les liseuses. Chez Payot, une grande librairie suisse, qui vend pourtant des ebooks sur son site, il n’y a aucune liseuse en vente, ni en démonstration dans leurs magasins. Il n’y a pas non plus la moindre publicité pour les ebooks. On ne parle même pas des éditeurs leaders.

    Ensuite, il reste le problème des DRM, toujours contraignants, toujours complexes, toujours sources de d’incompatibilité. Et ça, ça refroidit beaucoup de monde.

    Ajoutons qu’à part Amazon et son écosystème, il faut quasi impérativement un ordinateur pour l’achat et la gestion des livres. Il manque aux liseuses la possibilité d’acheter sur des stores adaptés (un format standard serait cool), avec un service de stockage cloud. Quand on regarde le misérable choix de la boutique Kobo, aggravé en Suisse par le fait que Kobo pense qu’on parle tous allemand…

    Enfin, les bibliothèques sont encore très en retrait. Si on trouve de nombreuses bibliothèques en Suisse permettant d’emprunter des livres, on se rend vite compte qu’elles ont un catalogue commun, très limité. Et il faut se coltiner les DRM merdiques d’Adobe.

  5. Le , chipoteur a dit :

    Quant à donner une liseuse aux enfants, en remplacement des livres cartonnés, soyons sérieux : les liseuses restent des appareils électroniques fragiles….

  6. Le , Okonomiyaki-sensei a dit :

    Le seul vrai problème est le prix des livres numériques.
    Dans bien des cas, son prix est proche du double d’un livre de poche. Même pour une vieillerie.
    Alors certes, éditeurs poche et grand format ne sont pas les mêmes, même s’ils sont dans le même groupe. Mais on voit la peur des libraires derrière ces politiques tarifaires. Et après, certaines maisons disent que le prix n’impacte pas les ventes. Forcément, le lecteur n’est pas fou.
    Je passe sur la loi Lang, amendée et heureusement, mais qui sert juste à protéger les libraires et met en danger les maisons d’édition depuis bientôt 40ans.

    On dit que les grands lecteurs sont la cible des liseuses. Dans ce cas, il y a un vrai problème : les lectrices (vu que c’est un public très féminin) de jeunesse, young adult et romance new adult lisent au bas mot 60 livres par an (nombreuses blogueuses, booktubeuses, instagrameuses frisent même déjà les 100). Or les maisons d’édition fétiches de ce lectorat pratiquent des prix dissuasifs.
    Taisons le sujet du manga qui serait un marché parfait pour littéralement faire exploser les liseuses.
    La SFFF est mieux servie en terme de tarifs, avec un lectorat tout aussi gourmand mais moins présent sur les réseaux sociaux. Un exemple à suivre pourtant.

    L’article mentionne le côté peu sexy des liseuses. Et c’est peut-être une piste à creuser car c’est justement ce que les grandes lectrices citées précédemment mettent parfois en avant pour justifier un achat (en reconnaissant le côté futile de la chose) : la couv est belle. Le point étant qu’une fois lu et rangé, le livre ne laisse apparaître que le dos, souvent peu sexy. Peut-être faut il créer de belles coques comme pour les portables.
    Et un dernier point important à ne pas négliger : la bibliothèque. Plein de livres, ça fait joli, passionné alors qu’une liseuse avec des fichiers… Or, soyons honnêtes et reconnaissons que 99% de livres sont lus une fois puis rangés. Et lors d’un déménagement, on est encombré par tous ces livres dont on ne se souvenait plus. C’est ainsi que l’on voit des gens avec des tonnes de livres (souvent invendables depuis le temps) aller tenter de les vendre en occaz. Le fichier numérique, lui, ne prend pas de place même si visuellement la bibliothèque ça reste plus sympa.

    Les liseuses et le livre numérique ont un avenir fleurissant mais il y a beaucoup de choses à changer et vu le côté ultra réfractaire au changement de la chaîne du livre, il faudra donner un immense coup dans la fourmilière. Et aussi dingue que ça puisse paraître, les maisons d’édition seront gagnantes.

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